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Méthode des sept causes et un effet

La méthode de développement de l'esprit d'éveil a d'abord été introduite par le Bouddha lui-même et plus tard popularisée sous le nom de méthode des six causes et un effet par la descendance d'Atisha et les autres maîtres de la vaste pratique. Puisque l'équanimité est un état nécessaire à la base de la pratique, le maître Tsong Khapa, pionnier du bouddhisme au Tibet, y a ajouté cette première cause. Il existe aussi la méthode d'échange de soi avec autrui, mais celle qui est présentée ici est plus graduelle et accessible à tous.

1. L'équanimité

Le premier point à méditer est l'équanimité. Au même titre qu'un terrain bien au niveau est d'une importance primordiale pour entreprendre la construction d'une maison solide, une parfaite équanimité est nécessaire à l'établissement de la boddhicita. La boddhicita est le désir sincère de libérer tous les êtres sans exception de toutes leurs souffrances. Il est donc primordial de voir tous les êtres comme étant égaux. Dans notre vie de tous les jours, il nous arrive sans cesse de catégoriser les gens selon trois groupes : nos amis, nos ennemis et les inconnus. Par rapport à ces trois groupes, on développe respectivement l'attachement, l'aversion et l'indifférence.

Si on regarde les causes profondes qui nous poussent à différencier les gens de la sorte, on verra qu'il n'y a pas là de cause logique ou permanente. Ceux dont on se rappelle l'aide qu'ils nous ont apporté, on les appelle nos amis, ceux qui nous ont nui, on les nomme nos ennemis et les autres sont classés comme indifférents ou inconnus, car on n'a pas de relation avec eux. Pourtant nos relations, même au cours d'une seule vie, bougent constamment : tantôt on rencontre des inconnus, qui deviennent tantôt des ennemis ou des amis. Il est rare que l'on entretienne le même type de relation avec une personne pendant toute une vie. Au cours de plusieurs vies, il est bien évident que c'est encore plus flagrant : peut-être notre meilleur ami d'aujourd'hui était-il notre pire ennemi dans une vie passée.

La meilleure attitude consiste à voir tous les êtres comme étant égaux et comme nos meilleurs amis. De toutes façons, ils nous apportent chacun leur aide à leur façon, car même nos ennemis nous sont bénéfiques dans notre développement spirituel: ils nous incitent à développer nos forces intérieures. Nous devrions donc voir tous les êtres comme égaux et abandonner l'attachement, la haine et l'indifférence. Soyons remplis d'amour pour ces êtres qui souffrent tous sans mesure.

2. Voir tous les êtres sensibles comme étant nos mères

La deuxième étape consiste à changer la vision que nous avons des êtres sensibles. Notre conscience d'aujourd'hui est la continuation de notre conscience d'hier. En remontant le fil ainsi de suite, on en arrive au début de notre vie présente. Si on continue le processus, on trouve que la conscience, créée toujours par un moment de conscience précédent qui agit comme cause directe, ne peut être créée du néant. On en vient donc à la conclusion logique que notre conscience existait avant notre naissance présente et qu'elle s'était appropriée un autre corps. On peut remonter le fil ainsi de manière infinie. Nous avons donc pris un nombre infini de corps et avons eu besoin d'une nouvelle mère à chaque fois. De là la conclusion que chaque être a déjà été notre douce mère. Nous devrions nous rappeler, chaque fois que nous voyons un être sensible : cet être a déjà été ma mère au cours de mes nombreuses existences.

3. Se rappeler la bonté de notre mère

On utilise ici la mère comme symbole principal de la bonté, car c'est elle, autant chez les humains que chez les animaux, qui joue le rôle principal de fécondatrice, de nourricière, de protectrice. Il est bien évident que le rôle du père et d'autres membres de la famille ne sont pas à dénier, mais la mère est de façon générale celle avec qui l'enfant a un contact très étroit. Si par ailleurs votre propre mère actuelle n'est pas un modèle de bonté pour vous, vous pouvez utiliser le même raisonnement en utilisant, au lieu de votre mère, la personne qui vous a été du plus grand bienfait dans cette vie. Alors rappelez-vous que cette personne est présente pour vous dans chaque être sensible que vous croisez, car elle l'a été pour vous dans d'innombrables vies passées.

Notre mère a été bien évidemment celle qui nous a porté durant neuf mois, faisant attention même à ses mouvements ou à ce qu'elle consommait, de peur de nous causer du tort. C'est elle aussi qui a enduré les douleurs de l'accouchement pour nous, qui nous a allaité et protégé lorsque nous n'étions pas capables de subvenir à nos propres besoins. C'est elle aussi qui nous a éduqués sur la manière de se comporter, comment manger, marcher et parfois même lire et écrire. En fait nous devons beaucoup de notre bonheur à notre mère.

De la même manière que notre mère actuelle nous a été bénéfique, il en est ainsi pour chaque être sensible. Comme il n'y a pas de différences entre la bonté d'un cadeau reçu l'an dernier ou celui reçu cette année, la bonté de nos mères passées et celle de notre mère actuelle sont égales dans les bienfaits qu'elles nous ont apportés.

4. Redonner la bonté

Suite à cette remémoration sincère de tous les immenses bienfaits que nos mères nous ont apportés, grandira en nous le souhait naturel de vouloir leur redonner ce qu'elles nous ont offert si généreusement. C'est comme lorsqu'une personne nous rend un grand service, nous nous sentons vraiment reconnaissant et voulons de tout coeur pouvoir lui faire plaisir également.

Comme nos mères nous ont apporté des bienfaits immenses, nous désirons leur remettre ce qui pourra leur être le plus profitable possible. Comme tous ces êtres sensibles désirent un immense bonheur, mais prisonniers qu'ils sont de leur ignorance, ils ne sont pas aptes à trouver ses causes réelles, nous devons les aider de notre mieux en leur montrant une voie qui leur apportera une félicité profonde et durable. Comme nous avons la chance de connaître un tant soit peu les enseignements du Bouddha, nous devons le partager avec ceux qui n'ont pas cette chance. Ne pas le faire serait comme de posséder des connaissances médicales tout en refusant d'aider ceux devant nous qui souffrent d'une maladie. C'est ainsi que tous les êtres sont en effet : ils souffrent des maladies de l'ignorance, de la colère, de la jalousie, de l'orgueil et de l'attachement, et ces maladies sont bien plus destructrices que les simples maladies physiques. Ces dernières ne peuvent nous affecter qu'une vie durant, tandis que les afflictions mentales nous tourmentent depuis des vies sans commencement et nous propulsent vers des états infortunés.

5. L'amour bienveillant

L'amour bienveillant est le désir sincère de donner le bonheur à tous les êtres. Pour leur apporter un bénéfice concret, nous devons voir les êtres comme des amis proches; autrement, nous ne serons pas enclins à les aider spontanément. Nous devons regarder chaque être, même notre propre ennemi, avec les yeux de l'amour et souhaiter de tout coeur lui apporter la joie et le bonheur. Développons une vision plus large en voyant qu'au cours de toutes nos vies, nous avons eu des relations très proches et intimes avec chaque être et que nos amis présents ne le sont que temporairement. En fait, chaque être est égal dans son désir de bonheur et entraînons-nous à voir tous ceux qui nous entourent comme nos parents, nos frères ou nos soeurs. En voyant les gens ainsi, nous ne souffrirons plus vis-à-vis des autres car nous ne verrons que les côtés positifs d'une relation avec eux. Nous récolterons donc nous aussi plus de bonheur.

6. La grande compassion

Voilà ici la racine de l'éveil : la grande compassion qui est le souhait de libérer tous les êtres de la souffrance et de ses causes. Grâce à la réflexion sur nos propres souffrances, nous pouvons entrevoir celles qui affectent également les autres. De cette pensée s'élève en nous un désir de voir tous ces êtres libérés de toutes leurs souffrances. C'est donc grâce à la souffrance que l'on peut progresser vers l'éveil. La souffrance nous apparaît toujours comme indésirable, mais en réfléchissant sur ce point, la souffrance devient en fait un allié, un moteur qui nous propulse sur la voie de notre développement intérieur et vers un vrai bonheur.

Il s'agit donc de développer un intérêt sincère envers les êtres et de méditer sur les souffrances qu'ils endurent maintenant et qu'ils endureront tôt ou tard à cause de leurs actes. Il nous sera ainsi plus aisé de développer ce souhait de les en voir libérés.

7. l'intention résolue

Suite à ce souhait sans limite naîtra en nous la pensée : mais comment y arriver? Je suis présentement dans l'incapacité de combler mes besoins personnels, donc encore moins ceux des autres. Je dois parvenir à un état d'esprit sans faute. Cela est possible car la nature de l'esprit est sagesse omnisciente et compassion parfaite. Je dois donc atteindre l'état de bouddha, pour pouvoir ainsi avoir tout en mon pouvoir pour aider chaque être à mûrir sur le chemin de l'éveil et être libéré de toute souffrance.

L'effet: le développement de la boddhicita

Sur cette base naîtra en nous cet engagement de mener tous les êtres à l'éveil. Avec cet esprit né en nous, chacun de nos gestes ou pensées devient d'un grand secours pour tous les êtres sensibles et nous sommes constamment en train d'accumuler de grands mérites en progressant vers l'éveil.  Ceci est le développement de l'esprit d'éveil conventionnel, axé sur le développement de la grande compassion.  L'esprit d'éveil ultime se réfère au développement de la perfection de la sagesse.